Prélèvement à la source : cinq questions pour comprendre ce qui va changer le 1er janvier 2019

Article publié le 14 septembre 2018 à 15h43

Prélèvement à la source : cinq questions pour comprendre ce qui va changer le 1er janvier 2019
Crédit photo © France 3 Nord Pas de Calais


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Qu'est-ce qui va changer ?


À partir du 1er janvier 2019, l'impôt sur le revenu sera prélevé directement à sa source : votre salaire si vous êtes salarié, votre retraite si vous êtes retraité, vos revenus si vous êtes indépendant, etc...

Autrement dit, l'impôt qui jusqu'à maintenant était perçu par tiers ou en dix mensualités sera obligatoirement prélevé par petites touches douze fois par an. Cela signifie que vous percevrez moins d'argent tous les mois, mais vous n'en paierez pas moins la même somme au final.

La déclaration des revenus au printemps, elle, ne changera pas.

 

Qui est concerné ?


Quelle que soit la nature de vos revenus (salaires, retraites, indemnités, primes, allocations, prestations...), si vous êtes imposable sur l'impôt sur le revenu, vous êtes concerné, à différentes échelles selon votre taux d'imposition. 

Il sera toujours possible, en cours d'année, de demander à l'administration fiscale de changer votre taux de prélèvement si vos revenus ou vos charges changent, ou bien si votre situation familiale est modifiée.

Pour rappel, les taux 2018 pour les revenus perçus en 2017 s'établissaient selon les taux d'imposition suivants 
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Pourquoi faut-il choisir un taux?


Taux par défaut, taux individualisé, taux neutre... Vous avez jusqu'à demain, samedi 15 septembre, pour choisir votre taux (au centre des Finances publiques, sur le site impots.gouv.fr ou sur 0811 368 368)... Mais qu'est-ce que ça veut dire ?

Le taux par défaut prend en compte l'intégralité des revenus d'un foyer fiscal, quelles que soient les différences qui peuvent exister entre les deux conjoints. Pas forcément avantageux si votre conjoint(e) perçoit un salaire beaucoup plus important que le vôtre.

Le taux individualisé, lui, tient compte des disparités de salaire dans un couple et permet d'adapter le prélèvement à chacun en fonction de ses propres revenus. 

Le taux neutre peut être utilisé par exemple pour un jeune percevant un salaire mais toujours rattaché au foyer fiscal de ses parents. Le taux de prélèvement sera alors déterminé sur sur la base de la rémunération qu'il touche. De quoi éviter "un prélèvement excessif" explique le ministère de l'Economie.

Pour changer de taux, il faut soit se rendre 
  Prélèvement à la source : quel taux choisir ?
David Creton, Contrôleur principal - France 3 Nord-Pas-de-Calais - Reportage de Jean-Louis Manand et Jean-Marc Vasco. Montage de Valérie Biville
 

Mon pouvoir d'achat va-t-il changer ?


C'est le grand débat posé par la prélèvement à la source. Le ministre de l'Action et des comptes publics Gérald Darmanin a été très clair : le prélèvement à la source ne s'accompagnera pas d'une hausse d'impôt, il ne change que la façon de payer celui déjà existant sur le revenu. Le ministre indiquait sur Franceinfo qu'il n'y aurait "aucun perdant en trésorerie avec la réforme".

Ce qui est mis en cause est surtout l'impact psychologique : un célibataire gagnant 2500 euros nets n'en touchera plus que 2300 chaque mois à partir de janvier prochain.

En fait, le prélèvement à la source semble même plutôt favorable aux ménages... à condition de ne pas bénéficier d'un crédit d'impôt récurrent. Là où ce crédit est actuellement pris en compte dans les sommes versées par le contribuable, elles ne le seront désormais plus : le crédit d'impôt sera remboursé en une, voire deux fois dans l'année.
 

Pourquoi est-ce contesté ?


Les détracteurs du prélèvement à la source soulignent l'impact psychologique de voir son salaire amputé de quelques centaines d'euros chaque mois. 

Mais d'autres critiquent le fait que l'employeur aura connaissance des revenus de leur employé. En principe, il ne recevra que votre taux d'imposition, communiqué par le Fisc, mais ce détail sera suffisant pour savoir, par exemple, si vous percevez d'autres revenus ou si le salaire de votre conjoint(e) est supérieur ou inférieur au vôtre. 

"Je rappelle que 90% des foyers fiscaux ont aujourd'hui un taux d'imposition situé entre 0 et 10%," notait Gérald Darmanin dans le Journal du dimanche. "A ce niveau, il est impossible de deviner quoi que ce soit de votre situation fiscale."