Audomarois : ces éleveurs qui vendent leur viande eux-mêmes pour éviter les crises

Article publié le 22 juillet 2015 à 17h26 dans l'édition de Saint-Omer - Commune de Reclinghem

Audomarois : ces éleveurs qui vendent leur viande eux-mêmes pour éviter les crises
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En 2002, à la suite de la crise de la vache folle qui avait fait chuter les prix, trois agriculteurs du canton de Fauquembergues ont créé un atelier de découpe pour vendre leur viande directement aux consommateurs. Aujourd'hui, ils sont vingt-six à utiliser cet outil. Par les temps qui courent, ils sont heureux d'avoir pris cette initiative.

2002. La crise de la vache folle fait des dégâts considérables chez les éleveurs. Le prix de la viande est au plus bas et les consommateurs ne savent plus à qui faire confiance. C'est dans ce contexte que trois agriculteurs du canton de Fauquembergues décident de prendre les boeufs par les cornes en choisissant de commercialiser leur viande eux-mêmes.

Joël Rolin, éleveur de bovins de race blonde d'Aquitaine à Reclinghem, est de ceux-là. « Dans un premier temps, j'ai travaillé avec un boucher qui avait un atelier de découpe. » Puis, avec Jean-Paul Dacquin, de Fléchin, et Jean-Pierre Lootvoet, de Bomy, ils décident de créer leur propre outil de travail. « J'avais une porcherie désaffectée, bâtiment dont je ne me servais pas. C'est là qu'on a décidé de l'installer », raconte l'agriculteur de Reclinghem.

L'abattage à Fruges

Les trois associés créent une société, embauchent un boucher et se lancent. Deux des éleveurs ont des bovins, le troisième est spécialisé dans le porc. Ils font abattre dans l'abattoir de Fruges et font découper dans leur petit atelier de 32 mètres carrés. Ensuite à charge de chacun de vendre sa production.

L'affaire est lancée. Et très vite, elle se développe. De plus en plus d'agriculteurs, à quarante kilomètres à la ronde, rejoignent les trois précurseurs. Si bien qu'il faut agrandir l'atelier qui fait aujourd'hui 200 mètres carrés.

140 tonnes chaque année

Désormais, les adhérents de la société des éleveurs du Haut-Pays sont vingt-six. Ils viennent y faire découper du boeuf, du porc, du veau ou de l'agneau. L'atelier embauche quatre personnes, dont une à temps partiel. Environ 140 tonnes de viande en sortent chaque année. Preuve qu'il y avait une vraie demande des consommateurs et que les éleveurs ont de sacrées capacités d'organisation quand ils sont en difficulté.

PAR VALÉRY DUHAUT

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