Vague de froid : nous avons suivi une maraude pour les sans-abris dans les rues de Lille

Article publié le 08 février 2018 à 18h11

Vague de froid : nous avons suivi une maraude pour les sans-abris dans les rues de Lille
Crédit photo © France 3 Nord Pas de Calais


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Le rendez-vous est pris tous les mercredis soir. Un collectif lillois parcourt le centre-ville pour aller à la rencontre des sans-abris. Des vêtements, de quoi se réchauffer... Il offre un soutien matériel, mais surtout une oreille attentive en cette période glaciale et le lien se tisse. 

Vague de froid : nous avons suivi une maraude pour les sans-abri dans les rues de Lille >> Un reportage d'Yves Arsenal et Vincent Dupire. 


Un repas pour réchauffer le corps et le c½ur alors que les températures passent en-dessous de zéro. 20 heures, hier soir dans le centre-ville, les accueils de nuit ne sont pas encore ouverts alors ces bénévoles donnent un peu de leur temps. Un moment de soutien et de réconfort pour les plus démunis.

"Heureusement qu'on a quand même ces associations qui sont là pour manger un peu chaud, parce qu'il y en a qui nous regardent mais malheureusement ils n'en ont rien à cirer", explique Willy. "Ils passent devant nous sans nous regarder tandis que ces gens-là s'arrêtent pour nous donner un peu de chaleur."


Engager la conversation


Tous les mercredis depuis un an, ce collectif arpente les rues du centre-ville. Des étudiants mais aussi des salariés qui, après leur journée de travail, partent à la rencontre des sans domicile. Dans leur caddy, des plats chauds du café mais aussi des vêtements. Un support pour engager la conversation.

"C'est de la chaleur humaine, on prend surtout le temps de parler", précise Béatrice Franchomme, bénévole au sein du collectif Lille aux étoiles. "Je pense que c'est important." "Oui, c'est important d'avoir de la discussion, ça met un peu de gaieté dans notre vie quand même", acquiesce un sans-abri. "Parler un peu, je sais que ça me fait du bien. On a besoin de parler, on ne peut pas toujours tout garder en nous, ce n'est pas possible.

Deuxième arrêt quelques centaines de mètres plus loin. José et sa compagne partagent un café. Émus après cette journée encore passée dehors. "On est fatigués... 13 heures dans la rue...", souffle José. "On fait le constat de se dire qu'en 2018, on ne devrait plus avoir à faire ce genre de choses et en fait je pense qu'on a juste l'envie de partager un moment. On nous dit souvent qu'on donne beaucoup mais on reçoit tellement...", explique Chloé Evrard, bénévole. 

Mercredi soir, Chloé et ses camarades ont poursuivi leur maraude jusqu'à minuit.